Christophe Brun (éd.) Élisée Reclus, « Nouvelle-Grenade », 1857
Article mis en ligne le 6 septembre 2019

par F.F.
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C’est probablement à la fin du mois de janvier 1856 qu’Élisée Reclus quitte la Louisiane pour la Nouvelle-Grenade. Il y voyage et y séjourne de la mi-février 1856 jusqu’au 1er juillet 1857, soit pendant environ un an et quatre mois. Son objectif initial est de s’établir comme colon agricole aux alentours de Santa Marta où il réside entre mars et mai 1856. Mais c’est en fin de compte plus à l’Est, depuis Rio Hacha (ou Riohacha), qu’il tente de créer une petite plantation sur les contreforts septentrionaux de la Sierra Nevada de Santa Marta, entre septembre 1856 et mars 1857 : ses sept mois d’efforts ne produisent aucun résultat, si ce n’est une grave attaque de « fièvre » qui manque de le tuer en novembre-décembre 1856 puis le laisse très affaibli au premier trimestre 1857 (cf. ci-dessous, 2. [I]). Voici qui lui offre le temps nécessaire à la rédaction du feuilleton « Nouvelle-Grenade ».
De 1831 à 1858, la « République de Nouvelle-Grenade » est le nom de l’État sud-américain qui se nomme « Confédération grenadine » de 1858 à 1861, puis « États-Unis de Colombie » entre 1861 et 1886, enfin « République de Colombie » depuis 1886. Jusqu’en 1903, il comprend la province de Panama , qui est ensuite un État indépendant.
Dans le texte d’Élisée Reclus, la « Colombie » désigne la région de la Nouvelle-Grenade au sens géohistorique, c’est-à-dire ce qui fut de 1717 à 1819, à l’époque espagnole, la vice-royauté de Nouvelle-Grenade , puis en 1819, sous l’impulsion de Simón Bolívar (1783-1830), la fédération de Grande Colombie (2,4 millions de kilomètres carrés) qui finit par éclater, en 1830, en trois États : Venezuela (910 000 km²), Nouvelle-Grenade (1,22 million de kilomètres carrés), et Quito rebaptisé Équateur en 1835 (285 000 km²) .
Pendant le séjour d’Élisée Reclus en Nouvelle-Grenade, un Néo-Grenadin et un Chilien, tous deux hommes de lettres politiquement libéraux et exilés à Paris, sont réputés être les premiers à employer l’expression d’« Amérique latine », en 1856. Le Chilien est Francisco Bilbao (né en 1823 à Santiago du Chili, mort en 1865 à Buenos Aires en Argentine) ; quant au Néo-Grenadin, il s’agit de José María Torres Caicedo (né à Bogotá en 1830, mort à Paris en 1889 et inhumé au Père-Lachaise), dont Reclus utilisera pour partie l’ouvrage Ensayos biográficos y de crítica literaria sobre los principales poetas y literarios latino-americanos, primeria serie (Paris, Guillaumin, 1863, 2 vol.) afin de rédiger, en 1864, son article de la Revue des Deux Mondes (Paris) sur « La poésie et les poètes dans l’Amérique espagnole ».


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