FERRETTI Federico, "Neiges, glaces et géographie sociale : froid et théorie de l’entraide dans les écrits d’Élisée Reclus sur la montagne”, in A. Metzger, F. Rémy (eds.), Neiges et Glaces, Faire l’expérience du froid (XVIIe-XIXe siècles), Paris, Hermann, 2015, p. 59-76
Article mis en ligne le 22 janvier 2015

par F.F.
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Comme plusieurs auteurs le soulignent, une véritable découverte scientifique de la montagne, côtoyant la mode des randonnées et des escalades, a caractérisé l’Europe entre le 18e et le 19e siècle. Les explorations des Neuchâtelois Louis Agassiz et Édouard Desor dans le glacier de l’Aar ont contribué à susciter l’intérêt des géographes pour les milieux de haute montagne, qui commencent a été appréhendés non seulement du point de vue morphologique, mais aussi du point de vue de l’interaction entre les sociétés humaines et l’environnement. L’un des premiers représentants de cette démarche est Élisée Reclus (1830-1905), qui dans des ouvrages comme Histoire d’une Montagne, écrit pendant son exil en Suisse, établit des relations entre les milieux montagnards et les genres de vie de l’humanité qui les habite ou les fréquente temporairement. C’est notamment sur les difficultés des hivers dans les Alpes que Reclus expose sa célèbre théorie de l’entraide, construite avec son collègue Pierre Kropotkine, en s’intéressant à la mise en place de formes de coopération solidaire à l’intérieur des communautés montagnardes. Ce texte s’interroge, à partir du corpus reclusien, sur le rôle de la montagne et de ses contraintes climatiques dans la construction de la géographie sociale de Reclus, ainsi que sur sa mobilisation, à travers ses références à des auteurs comme Jules Michelet et Albrecht von Haller, de l’imaginaire romantique de la montagne et des hautes cimes, se liant alors au mythe de la « liberté montagnarde ».

http://www.editions-hermann.fr/4586-neiges-et-glaces.html


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