FERRETTI Federico, “Un regard hétérodoxe sur le Nouveau Monde : la géographie d’Élisée Reclus et l’extermination des Amérindiens (1862-1905)”
Article mis en ligne le 2 décembre 2013
dernière modification le 3 décembre 2013

par F.F.
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Journal de la Société des Américanistes, 99 (2013), p. 141-164

La Nouvelle géographie universelle d’Élisée Reclus, un des ouvrages de géographie les plus connus de la seconde moitié du xixe siècle, consacre au Nouveau Monde une place de choix. Comme cet ouvrage eut une diffusion grand public et que son auteur était célèbre comme fondateur de l’anarchisme et exilé de la Commune de Paris, son influence dans l’opinion publique progressiste européenne fut appréciable. Nous nous interrogeons, dans cet article, sur la représentation qu’il donne de l’extermination des Amérindiens, qui eut lieu, dans la ligne de la Conquête, entre les xvie et xixe siècles. Une extermination que le géographe dénonce de manière radicale tout en restant un admirateur du progrès scientifique et technique de son époque. La construction de ce regard hétérodoxe offre un angle de vue original sur les rapports entre l’Europe et son Ailleurs à l’âge des empires.

La Nouvelle géographie universelle de Élisée Reclus, una de las obras geográficas más famosas de la segunda mitad del siglo xix, dedica un espacio importante al Nuevo Mundo. Dado que esta obra tuvo una grande difusión, y que su autor fue famoso como uno de los fundadores del movimiento anarquista y como exiliado de la Comuna de París, su influencia en la opinión pública progresista europea de esta época no ha sido desdeñable. En este artículo, analizamos su visión del genocidio de los pueblos amerindios, perpetrado por los conquistadores y sus seguidores entre los siglos xvi y xix. El geógrafo lo denuncia de manera muy radical, aun si queda un admirador del progreso científico y técnico de su época. La construcción de esta mirada heterodoxa nos da un punto de vista original sobre la relación entre la Europa y su Otro en la Edad de los imperios.

The Nouvelle géographie universelle by Élisée Reclus was one of the most celebrated geographical works in the second half of the 19th century, and it devoted an important place to the New World. As this work had a wide public diffusion, and its author was famous as a founder of the anarchist movement and an exile of the Paris Commune, its influence on the European progressive public opinion was not negligible at that time. In this paper, we examine the Reclus’ representation of the genocide of Amerindian peoples committed by conquerors and their followers between the 16th and the 19th century. The genocide was blamed radically by the geographer, who nevertheless was an admirer of the scientific and technical progress of his time. The construction of this heterodox look gives us an original idea about the relationships between Europe and its Others at the time of the colonial empires.

http://jsa.revues.org/12645


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