RECLUS, Élisée. Lettre à Grandjouan
Article mis en ligne le 18 décembre 2007
dernière modification le 18 juin 2011
logo imprimer

En réponse à M. Grandjouan, qui demandait une contribution à un numéro de « L’assiette au beurre » contre l’alliance russe.

Thourout, 30, V, 05. [30 mai 1905]

Hommes libres, quel que soit notre lieu natal, nous n’avons pas à nous plaindre des agissements de nos ennemis. Ils font ce qu’ils veulent, pour leur avantage particulier, et nous n’avons qu’une façon de leur répondre, faire sans eux et contre eux ce que nous savons être utile pour le bien commun. Le gouvernement de la République, sur l’ordre des banquiers et des militaires, a conclu l’alliance dite « russe » avec la horde des grands-ducs, groupés autour du bon « Petit-Père », et c’est ainsi que la nation française a été allégée de quelques milliards et que la foule s’est énivrée d’une frénésie stupide. Les victimes auraient mauvaise grâce à protester : elles ont bu l’eau-de-vie des fêtes. A nous, révolutionnaires de l’Occident, de nous allier à notre tour avec vous, très chers et très généreux révolutionnaires slaves, caucasiens, sibériens. Sachons agir de concert pour libérer la grande patrie, qui s’étend jusqu’aux limites du monde, partout où il y a des maîtres et des opprimés.

Élisée Reclus


Site réalisé sous SPIP
avec le squelette ESCAL 4.0.60